La retraite en France : quelques chiffres

Un système de retraite protecteur

Le budget des retraites, 1er poste de dépenses de protection sociale, 325 milliards € de dépenses en 2017 dont 23 % de dispositifs de solidarité.

40,5 % des dépenses de la protection sociale.

13,8 % du PIB


Une augmentation continue du nombre de retraités

16,2 millions de retraités en 2017 soit 708 000 nouveaux retraités par rapport à 2016.

En projection, le ratio entre les actifs et les retraités passerait de 1,7 à 1,3 en 2070. Il y avait 2 retraités pour 1 actif en 2000.


Un niveau de vie favorable pour les retraités, avec toutefois des disparités

1 547 € de retraite nette en moyenne en décembre 2017 contre 1 521 € en 2016.

21 930 € annuels : niveau de vie médian des retraités en 2016, contre 20 520 € pour le reste de la population

1,086 : ratio du niveau de vie des retraités par rapport au reste de la population française, contre 0,95 dans l’Union européenne.

Un taux de pauvreté de 6,8% chez les retraités contre 14% pour l’ensemble de la population et 19,8% chez les moins de 18 ans en 2016.


Le « cœur » du système de retraite actuel (hors dispositifs de solidarité) accentue l’écart des salaires(règle de calcul en annuités) :

Pour les salariés nés entre 1955 et 1964, le rapport entre les 10 % de salariés ayant les plus hauts revenus et les 10 % ayant les plus bas revenus atteint 5,85 pour les salaires perçus au cours de la carrière, mais il vaut 6,66 pour les retraites du cœur du système de ces assurés (hors dispositifs de solidarité).

Seuls, les dispositifs de solidarité permettent de retrouver une redistribution et de ramener le rapport interdécile des retraites de 6,66 à 4,10.

En particulier, beaucoup de retraités perçoivent des petites pensions : fin 2016, 38 % des femmes et 22 % des hommes touchent moins de 1 000 € par mois de pension totale brute.

Un différentiel de 42 % entre la pension moyenne des femmes et celles des hommes.
19 % des femmes contre 9 % des hommes doivent attendre 67 ans pour pouvoir partir à la retraite sans décote.

Source: La protection sociale en France et en Europe en 2017, DREES, Edition 20194 Panorama, Les retraités et les retraites, DREES, édition 2019


Un âge de départ supérieur à 62 ans sans diminution de la durée de vie en retraite

63,4 ans : âge moyen de départ à la retraite en 2018 (hors départs anticipés).

Plus de 6 départs sur 10 concernent des personnes de 62 ans ou plus, soit + 1 an et 7 mois depuis 2019.

27,6 ans pour les femmes et 23,2 ans pour les hommes à 60 ans en 2018 : c’est l’espérance de vie (+ 2,3 ans pour les femmes et + 3,2 ans pour les hommes depuis le début des années 2000).


Le système actuel présente d’importantes faiblesses

Un système difficilement lisible et générateur d’injustice

42 régimes différents, avec leurs règles propres, organisés par profession et par statut, composent notre système de retraite.

Plus de 3 régimes en moyenne aujourd’hui par assuré.

Aujourd’hui, des règles hétérogènes qui créent des différences de traitement et des inégalités, à titre d’exemple :

Avoir des enfants ne donne pas toujours les mêmes droits : la naissance d’un enfant génère 8 trimestres de majoration de durée d’assurance dans le privé, contre 2 trimestres dans le public.

Pour un même métier, des régimes différents : selon son statut ou celui de son employeur, un infirmier peut dépendre de 5 régimes de retraite différents.

Aujourd’hui, le temps partiel est inégalement pris en compte entre le public et le privé : les retraites varient selon le statut et le moment où intervient le temps partiel dans le parcours professionnel.


Un système qui pénalise les assurés ayant eu des périodes d’activités courtes ou fréquemment interrompues

Les régimes de base fonctionnent aujourd’hui en annuités (sauf pour les professions libérales).

Le calcul de la pension est fonction de la durée d’assurance et d’un salaire de référence (25 meilleures années pour les salariés et les 6 derniers mois de traitement hors primes pour les fonctionnaires).

Ces règles de calcul augmentent les écarts de niveau de pension au détriment des salariés aux carrières courtes, incomplètes, parmi lesquels les femmes sont sur -représentées.


Un système qui n’est plus en phase avec les réalités du monde du travail

Aujourd’hui, les actifs sont susceptibles de changer plusieurs fois de statuts au cours de leur carrière, de passer de salariés à indépendants, de travailler dans le secteur privé puis dans le secteur public, voire de cumuler plusieurs statuts en situation de pluriactivité.

Parmi les retraités de la sécurité sociale des indépendants (SSI), on dénombre 90 % de « poly- pensionnés » (DREES 2019). La figure de l’indépendant a considérablement changé en 30 ans : on dénombre actuellement 3 millions de travailleurs indépendants, soit 12 % des actifs occupés. Le travail indépendant a connu un renouveau essentiellement dans les services. L’activité d’indépendant est de plus en plus une activité complémentaire, notamment en fin de carrière. Un tiers des salariés pensent que la suite de leur carrière passera par le travail indépendant (Opinion Way 2016). Inversement, le salariat a progressé dans les métiers d’indépendants traditionnels (professions juridiques et médicales). Un système instable et difficilement pilotable

Le système dépend trop des solidarités professionnelles : quand une profession évolue fortement ou disparaît, les pensions des retraités de cette profession sont fragilisées contrairement à un système universel mutualisé où la solidarité joue. A titre d’exemple, 85 % des retraites des agriculteurs sont financées grâce à la solidarité nationale. Pour mémoire, ils représentaient 16 % de l’emploi en France en 1962 contre 1,8 % en 2018.

Il est difficile d’assigner des objectifs sociaux et financiers communs à l’ensemble du système et de vérifier que ces objectifs sont réalisés effectivement dans un système qui comporte autant de régimes et de gouvernance associée.


Une confiance dans le système ébranlée, notamment chez les plus jeunes

69 % des non-retraités pensent que leur niveau de vie à la retraite sera plus faible que celui de l’ensemble de la population.

90 % des Français jugent le système fragile, et 85 % inégalitaire.

Alors que 64 % des actifs disent préférer un système de retraite par répartition, 52% des jeunes de 18 à 24 ans privilégieraient un système par capitalisation pour financer leurs futures retraites.

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